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RETABLE…

 

A l’origine le retable est un panneau ou ensemble de panneaux en divers matériaux (marbre, stuc ou bois) généralement peint ou orné de motifs décoratifs, placé verticalement derrière l’autel dans les églises chrétiennes. Dès le début du XIIIème siècle, on trouve trace de ce mot, probablement formé à partir du latin retro : derrière et tabula : planche ou table. Le dictionnaire de l’Académie donne cette définition : élément d’architecture contre lequel est appuyé l’autel et qui renferme ordinairement un tableau. L’autel étant la table de sacrifice et d’offrande.

Certains retables sont formés d’un seul panneau, de riches exemples nous en sont parvenus comme le retable de Saint Marc par Le Titien ou celui de San Zaccaria par Bellini. D’autres, comme le retable d’Issenheim ou le retable de l’agneau mystique de Van Eyck, sont composés de trois parties. La caisse ou huche, la prédelle –partie horizontale, sous la huche, qui permet d’ouvrir le retable sans avoir à déplacer les objets posés sur l’autel- et les volets qui sont ouverts ou fermés selon les périodes de l’année liturgique.

 

La liturgie nous ramène à la religion, le mot viendrait du verbe latin relegere -recueillir rassembler- un mot qui s’apparenterait bien à l’Hospice Saint Charles… Puisque, avant d’être ce bel espace d’expositions que la CAMY offre aux artistes du MACY durant tout le mois de septembre, ces salles furent un véritable hospice, accueillant orphelins et vieillards nécessiteux par la charité de la duchesse de Berry et tout près du cœur de son défunt mari.

 

Le « Retable… «  est donc le thème choisi par les artistes du MACY pour leur exposition 2010. Diantre ! pourrait-on s’exclamer, ou parbleu, sacrebleu ! Utilisant ainsi ces mots liés à la religion, mais détournés pour éviter mauvais sort ou blasphème.

Il est vrai que l’art fut longtemps le langage de la religion et, même le mauvais garçon que fut Le Caravage, mettait en scène miracles et évènements de la vie des saints… Mais, après des siècles au service des seigneurs, de l’église ou du pouvoir, l’art s’est libéré de son rôle sur commande pour devenir un moyen d’expression en soi. De la représentation émotionnelle au message conceptuel il s’est diversifié et chacun y trouve sa raison.

 

Un retable sur l’autel de l’art contemporain ? L’offrande de l’artiste qui prend le risque de se livrer au regard de tous, à travers l’œuvre qu’il expose ?

Le visiteur a pu s’amuser à pister les artistes du Macy au détour de leur retable -et faire encore d’autres découvertes avec leur quatre invités- et décoder ce petit clin d’œil à l’histoire de l’art, pour voir comment chacun a saisi le thème, par son sens, par le format qu’il suppose, au pied de la lettre, par des voies détournées, religieusement ou de façon iconoclaste…

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